CRITIQUES

 

" TAXI " - Enfin un film comme on en rêve, du punch, du dynamisme, de l'humour, une histoire qui se tient, que l'on ne tire pas par les cheveux, des dialogues populaires mais intelligents et intelligibles. On a pas à sentir une différence ou un léger décalage entre les lèvres des acteurs et le doublage en français, non ! Et vous savez pourquoi ? Ce film a été enregistré en version originale !

Des américains qui filment dans les langues des pays dans lesquels ils vont le vendre, incroyable… Ce qui plus incroyable, c'est qu'un tel film a été conçu, produit, réalisé et tourné par des français et joué également par des français. Encore un scénario que "nos-cousins-d'outre-atlantique" vont nous acheter pour en faire une nouvelle version ("remake" dans le texte).

Luc Besson, le producteur n'en est pas à son premier exploit du genre, avec le "Grand Bleu", "Nikita", "Léon" et "le Cinquième élément", il nous procure une joie, un plaisir cinématographique inégalable. Alors achetez la cassette, on en redemande, les droits ainsi versés serviront sûrement à produire et à réaliser d'autres petits chefs d'œuvre.

"… Hep ! Taxi, vite chez le vendeur de vidéos le plus proche…"

 

" IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN " - Il est clair qu'un tel film, même si le genre ne plaît pas à tout le monde, doit être vu au moins une fois dans sa vie, et le prendre comme un témoignage d'ambiance, sa valeur historique n'entrant pas en ligne de compte.

Malheureusement les effets spéciaux s'ils sont saisissants, d'un réalisme terrifiant, d'une écoute époustouflante, ne le sont et seront jamais aussi prenants qu'au cinéma, dans une salle moderne équipée pour le confort des yeux (très grand écran) et des oreilles (sono en quadri, etc). En effet, la cassette, même regardée sur un ensemble "home vidéo" du dernier cri, ne rendra jamais cette impression d'y être, d'en faire partie, de pouvoir se dire une fois au dehors: "… comment ai-je pu en échapper ?…"

N'achetez pas la cassette, attendez le passage du film sur le petit écran et enregistrez le ou allez le voir dans vingt ans quand il sera programmé dans un ciné-club de quartier… s'il en existe encore.

 

" LE COUSIN " -

Un polar à la française, oui cela peut exister et cela peut intéresser… surtout. Alain Corneau, réalisateur, nous le démontre avec simplicité. Rien à voir avec "Fort Saganne" ou "Tous les matins du monde".

Alain Chabat, tout à fait crédible dans son rôle de policier, donne le change à un Patrick Timsit à l'aise sous son surnom de "Nounours". On peut faire du cinéma d'action sans trop de tueries, de cascades tirées par les cheveux, de mots grossiers ou d'expressions vulgaires: ces artifices peuvent plaire à un grand nombre d'américains voire à un certain public français: mais le plus grand nombre s'intéresse plus à un film au scénario bien construit, à des acteurs qui honorent leur métier et à des situations tendres, cocasses et dures à la fois. C'est un film dont on peut garder une trace ou le louer de temps à autre. Il mérite de faire partie de la famille.

 

" GROSSE FATIGUE " -

On ne peut pas dire que les acteurs de ce film s'en sont payés de bonnes… de fatigue. Chacun a joué son propre rôle. Quoi de plus simple que d'être à l'écran ce que l'on est à la ville. Malgré cela, on les a tous retrouvé en parfait état et crédibles qui plus est. La magnifique Carole Bouquet en magnifique C.B., L'inénarrable Josiane Balasko en inénarrable J.B., et d'autres Jugnot, Lhermitte, Clavier, Chazel, etc… Seul Lucchini se serait sans doute ennuyé dans ce film, pensez donc il lui aurait fallu jouer du Lucchini, ce qu'il fait d'habitude dans tous ses films. N'empêche que ce long métrage était suffisamment plaisant pour se laisser regarder avec le sourire, suffisamment philosophe pour prendre peur, par moment: "… et si cela m'arrivait, il y a de quoi râler…" Pour la grosse bouffée de sympathie engendrée par tous les acteurs présents dans ce film, pour la fantastique Carole Bouquet, s'autoplagiant parfois, souvent très loin de l'image, fausse, que l'on a d'elle: il vous faut cette cassette dans votre médiathèque personnelle.

 

"GERMINAL"

C'est ce que nous montre le film de Claude Berri, même s'il reprend le roman de Zola écrit en fin de siècle dernier, c'est la base même de notre vie actuelle qu'il transcrit ainsi en images. Cette volonté de ne pas être pris en otage entre la nécessité de travailler durement pour vivre chichement ou celle d'essayer de survivre sans rien et de disparaître, de mourir. Lantier est là pour nous le rappeler. Renaud le campe suffisamment intelligemment pour que l'on y croit, nous qui avons lu le roman. Depardieu, merveilleux dans sa gouaille comme toujours, ours protecteur puis rebelle ne démériterait pas de Zola. Cela n'est pas le cas de Miou-Miou qui avait plus sa place dans le rôle de la fille de la maison (côté chétive…) mais certainement pas de celui d'une femme qui tient un ménage du Nord dans ses bras et sur ses épaules. A la lecture du roman je la voyais quelque peu plus forte tant physiquement qu'intellectuellement: enfin les obligations économiques ont des raisons que la logique n'ignore pas. Jean Carmet, quant à lui, est sublime en grand-père en bout de course.

Un film a acheter ne serait ce parce qu'une partie des droits de Claude Berri est redistribué à une association, créée par lui, pour venir en aide aux "chercheurs d'emplois" de la Région.

 

 

" A MORT L'ARBITRE "

Jean Pierre Mocky a toujours fait des films qui ont été des révélateurs de ce que sera l'avenir plus ou moins proche de notre société dans ses petits détails de la vie quotidienne ou autre… ce film n'échappe pas à la règle. A la vue de ce qui se passe en Seine - St Denis ou dans d'autres départements: là où les fédérations de football ont du suspendre les compétitions amateurs pour faits de violences sur les stades: on regrette que ce film n'est pas eu une publicité plus grande à sa sortie. Même si les chaînes de télévision le diffuse assez souvent, c'est toujours en petite audience ou tard dans la soirée.

Cette fois-ci, c'est Arte qui s'y est collée: le thème n'était pas la violence sur les stades de football mais Eddy Mitchell et pour illustrer son côté acteur le film en question. Et pourtant, à sa sortie en 1984, on a reproché à Jean Pierre Mocky son côté caricatural "à l'extrême" des milieux des supporters d'équipe de football. Les mêmes, aujourd'hui, doivent convenir que ce qu' "A mort l'arbitre" raconte n'est qu'une pâle copie de la réalité. Si le film est dur, si les personnages sont bien à leurs places dans l'histoire, Michel Serrault en fanatique froid mais hypocrite poussant les autres à agir et à accomplir ce que lui-même souhaiterait faire: mais la peur, la trouille le bloque.

C'est un film a garder en archives, il servira plus tard de documentaire sur notre époque pour les générations des autres siècles afin d'illustrer ce que Pierre de Coubertin disait du sport en général: "… l'essentiel est de participer…" à la casse, à la destruction, à la violence bien entendu…

 

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